Tuesday, November 10, 2009

Salmigondis d'automne - Réflexions sur mon pays

Ce billet tentera d'expliquer à quoi j'ai occupé mes journées depuis quelques temps - ce qui expliquera aussi le silence relatif sur ce blogue - je manque évidemment de temps pour tout faire et je me suis souvent retenu contre des montées de lait politiques...
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Nihongo.
Je me suis inscrit à quelques ateliers cet automne, dont un fascinant atelier de Japonais de l'Université de Montréal. J'ai toujours été intéressé par la culture et la langue japonaise (certains se souviendront peut-être de mon apprentissage du Katakana en 2004-2005), il me semblait naturel de mettre un peu de temps pour me tremper dans cette culture à nouveau, ne serait-ce que quelques heures par semaines. Il faudra bien que j'aille au Japon autrement qu'en escale à l'aéroport Narita de Tokyo un jour... C'est à suivre.
Bang-bang.
Sinon, je suis de plus en plus découragé de voir où s'en va notre beau pays. Je parle de notre pays le Canada, qui est géré par des imbéciles. La récente adoption du projet de loi sur le contrôle des armes à feu est un élément de plus sur ma consternation devant ce qui se passe au pays. Pourriez-vous me dire quel avantage quelqu'un qui détient une arme pour la chasse retire de ne pas s'inscrire au registre??? Un détenteur d'arme qui a quelque chose à cacher, je comprends, alors ceux qui sont contre ce registre, ils ont quelque chose à cacher? Sinon, pourquoi??? Tiens, j'ai une idée, je vais proposer une loi pour l'abolition du registre des permis de conduire et des enregistrements de véhicules. Je veux pouvoir conduire sans être identifié, faire de la vitesse, et si jamais il arrive un accident, je jetterai ma voiture dans le fleuve, ni vu ni connu. Beau pays.
Votons con.
Nous sommes en démocratie. Je respecte le vote démocratique. Mais on ne peut pas me demander de me sentir chez moi quand une majorité des gens ne partagent plus aucune de mes valeurs profondes. Je ne peux pas croire que les gens qui ont votés dans ces circonscriptions partagent vraiment les valeurs véhiculées par le Parti Conservateur actuellement au pouvoir. Je ne veux pas croire que cette population s'est bien informée, je ne veux pas croire qu'ils sont pour l'augmentation des GES sur la planète, qu'ils sont pour la libre possession d'armes à feu sans compte à rendre, je ne veux pas croire qu'ils soient aussi majoritairement cons. S'ils le sont, alors c'est bien beau pour eux, c'est la démocratie, et je devrais me faire à l'idée de vivre dans un pays dont j'ai honte de plus en plus souvent.
Détruisons la planète.
Si ce n'était pas assez de voter pour des abrutis, ils font la preuve internationalement qu'ils sont parmi les pires au monde dans leur domaine. Il n'y a qu'à voir qu'au niveau mondial, notre beau pays le Canada a été nommé pays le plus destructeur dans les discussions sur les changements climatiques et compte tenu de son rôle dans la destruction du climat en bloquant les négociations internationales. Wow, on l'a l'affaire, en plus de polluer comme des ignares et irresponsables, nous mettons des bâtons dans les roues aux possibles solutions internationales.
Ceci, cela.
Étrangement, tout ces événements politiques se produisent alors que je me suis plongé dans les rapports annuels de l'ACDI et d'autres ONG comme le CECI et le CCI en préparation d'un billet sur la Coopération internationale et le Canada. J'avoue que ce plongeon ne contribue pas à améliorer l'image que j'ai de mon pays tel qu'il est géré depuis quelques années. L'ACDI est presque devenu une sorte d'organe de propagande du gouvernement actuel, n'hésitant pas à inscrire notre intervention armée en Afghanistan dans ses projets de coopération internationale!!! Si c'est ça la coopération, les USA sont les champions de l'aide humanitaire avec leurs éternelles campagnes d'aide! (à suivre en détail sur le billet en question, à venir sous peu).
Parallèlement à ces activités de recherches, je suis aussi devenu cybervolontaire pour le Carrefour Canadien International, une ONG qui supervise l'envoi de volontaires à titre de coopérant (et non, aucun ne va en Afghanistan!). Je fais du travail de traduction pour cet organisme, et cette activité s'avère à la fois amusante et intéressante du point de vue linguistique - j'accumule une belle expérience dans un domaine qui m'intéresse depuis plusieurs années -, et une fenêtre intéressante sur les activités et le quotidien des coopérants.
Heureusement, les activités du CECI et du CCI (pour ne nommer que ceux-là) m'aident à voir qu'il n'y a pas que des cons dans ce pays, même si malheureusement, il y a assez de cons pour gouverner à leur guise.

Ce n'est pas un pays, c'est l'hiver.
Si ce n'était pas assez pour vouloir soit devenir souverainiste* soit aller m'installer ailleurs dans le monde (une idée qui n'est jamais très loin de mon quotidien - l'étranger, hehehe), l'hiver arrive, avec ses températures froides, les couches de vêtements devenues nécessaire, et tous les inconvénients habituels bien connus, souvent endurés malgré tout, mais jamais appréciés. Je passe donc du temps à planifier un départ prochain - dont la nature et le lieu ne sont pas encore déterminés, je reviendrai éventuellement sur ce projet s'il se concrétise.
Voilà donc de quoi est constitué novembre. De honte d'être canadien, de honte qu'à l'étranger, où je vais ou j'irai, les gens bien informés connaîtront les actions de mon pays... Car du point de vue des résidents d'un autre pays, les subtilités régionales comme le Québec, ou le fait que le gouvernement soit minoritaire ne se rendent pas, c'est l'image globale qui transparaît. (Faites l'exercice en repassant vos idées et opinions sur divers pays, vous verrez que les subtilités vous échappent généralement aussi). Ainsi, c'est par les actes irresponsables et imbéciles du Canada d'aujourd'hui que je suis vu comme canadien quand je voyage et ça me fait épouvantablement honte. (Et j'avoue être découragé de l'imbécilité de mes compatriotes qui ne semblent pas voir où ce parti mène le pays).
Décembre
Pour décembre, je me souhaite donc tout simplement d'avoir moins de Canada dans ma vie, de tous les points de vue.

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* J'ai toujours dis que si la souveraineté se réalise un jour, ça sera non pas grâce aux souverainistes, mais grâce aux fédéralistes. Et malgré que le gouvernement actuel soit fédéraliste, il est en train de me convaincre par ses actions que je ne partage plus du tout les mêmes valeurs que les gens qui le supportent et l'ont élu. Si ces gens sont les "canadiens", ça voudrait peut-être dire que je n'en suis plus un, tout simplement. De là à la souveraineté, il n'y a qu'un pas.
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Tuesday, November 03, 2009

Colocs en Stock: Tintin (en) Québécois !

On connait mon attachement au personnages et aventures de Tintin.
Tintin fait partie de mon enfance et de mon histoire familiale, et ma foi, il m'a tant accompagné dans mes voyages que je le considère un peu comme un copain. (les 3 liens ne sont que des exemples de plusieurs pages de ce blogue ou de mon site où je parle de Tintin).
Lorsqu'on avait annoncé l'idée de publier une aventure de Tintin en québécois, j'avoue que l'idée m'avait parue étrange. Les aventures de Tintin ont beau avoir été publiées dans de nombreuses langues, il me semblait impossible de rendre par écrit une langue/dialecte qui est essentiellement une tradition orale.
Le sociologue Yves Laberge a toutefois eu le feu vert et Casterman vient de publier une édition de Coke en Stock intitulée Colocs en stock et dont le texte est en québécois.
Le résultats est intéressant et amusant mais pas parfaitement satisfaisant.
Intéressant parce qu'il est instructif de constater comment l'adaptation a tenté de passer outre le problème de la tradition orale. On a pris le parti quasi phonétique de certaines expressions, mais il reste que souvent, le lecteur ne se retrouve pas dans l'écrit. À titre d'exemple, le quossé, que j'aurais trouvé plus représentatif en kossé, mais ce n'est qu'un choix personnel; je ne critique pas les choix effectués par le "traducteur" ici, il n'y avait tout simplement pas de bonnes réponses, chacun a sa manière d'imaginer comment on écrirait telle ou telle expression du français québécois. Même chose pour les i (au sens de il), que j'aurais transcrit par un y plutôt qu'un i. (Voir photo à droite).

Comme avec une autre langue, le lecteur s'habitue tout de même assez rapidement à ces effets de translation de l'oral vers l'écrit.
La lecture est amusante pour des raisons évidentes: il est très rigolo de voir les personnages comme Haddock ou les Dupondts parler en québécois. Évidemment, certains s'opposaient à ce projet en arguant que l'image du parlé québécois en souffrirait à l'étranger, que tout le monde imaginerait que tous les québécois parlent joual. Pour ma part, bien que je m'efforce de parler un français correct, j'assume mes origines et aime bien la richesse de certaines expressions bien québécoises. J'ai l'impression de faire honneur à mes ancêtres. Lorsque vient le moment de communiquer avec des gens d'ailleurs, je m'adapte alors en fonction de leur langue (ou dialecte) si je la parle. J'ai déjà mentionné que je traitais le français parlé en France comme une langue étrangère de la mienne; en France, j'utilise la langue locale pour bien me faire comprendre, comme j'utilise l'espagnol au Pérou ou l'anglais à Londres, par exemple. Après lecture de Colocs en stock, je ne craint pas réellement d'impact à grande échelle sur la perception que les français pourraient avoir (qu'ils ont déjà) des québécois.


Mais si Colocs en stock n'est pas une lecture parfaitement satisfaisante - outre les écarts entre l'écrit choisi et l'oral auquel nous sommes plus habitués - c'est que d'une part, personne au Québec n'utilise toute la panoplie des expressions québécoises, et encore moins celle des expressions régionales. On pourrait alors reprocher à l'adaptation de ratisser trop large et d'utiliser tellement d'expressions imagées que personne au Québec ne va s'identifier au langage composite qui en résulte. Les expressions typiques de la Gaspésie ne me rejoignent pas, et celles du Lac St-Jean ne parlent pas beaucoup à un lecteur originaire du Témiscamingue, etc.
Aussi, la "traduction" prend le parti d'utiliser le langage québécois pour tous les personnages en scène, on ne fait pas de distinction de niveaux de langage selon le contexte. Si cette décision peut déranger modérément quand il s'agit de Haddock, Tournesol et Tintin (ou même Milou), la chose créé carrément un décalage bizarre quand on lit les dialogues des personnages africains et arabes de l'histoire. Même au Québec, les gens qui parlent un peu joual ne le font pas sur le même niveau lorsqu'ils s'adressent à un ami, un étranger ou en entrevue pour un emploi, par exemple. Ici, la translation est uniforme, ce qui engendre un déphasage artificiel.
Enfin, certains éléments ne relèvent pas du tout de l'adaptation de langage, mais plutôt de l'adaptation tout court. Quand Haddock traite la Castafiore de Casta-fjord du Saguenay, on est loin de la simple transition linguistique. Si cet élément passe parfois avec un sourire (ce qui est le cas de Casta-fjord), il est parfois plus difficile à avaler (comme Alcazar qui est hébergé au Château Frontenac, en début d'épisode, alors que l'action ne se passe pas du tout à Québec). D'ailleurs, l'ensemble souffre inévitablement de cet effet de décalage - comme les films post-synchronisés où les américains parlent en argot parisien - , puisque tout le monde parle en québécois mais que ces personnages connus ne sont ni québécois, ni en sol québécois lors de cette aventure.
Reste que l'ensemble est sympathique et sait éviter la parodie et la vulgarité. On n'a pas l'impression de faire rire de nous, ni que l'on rit de Tintin. Et notons que ce n'est pas la première fois qu'un album de Tintin est édité dans un dialecte local; Les Bijoux de la Castafiore a été publié en bruxellois, un dérivé du français encore parlé par une poignée d'habitant de la capitale Belge. Alors le québécois, pourquoi pas? Et à quand un album de Tintin en argot parisien ou en verlan, tant qu'à y être?


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Monday, November 02, 2009

Couche-Tard, les mauvais citoyens corporatifs et les enjeux environnementaux

Un court billet pour faire une petite montée de lait contre l'entreprise Couche-Tard, qui a une succursale juste derrière chez moi (celle sur St-Denis, au coin de Beaubien, pour ceux qui veulent identifier la succursale fautive)
Vendredi dernier, alors que je déjeunais, des bruits de verre cassé ont attiré mon attention. J'ai regardé par la fenêtre de ma cuisine et aperçu une employée du Couche-Tard qui cassait des bouteilles de vitre dans le conteneur à déchet derrière le dépanneur.
Un autre employé lui apportait des caisses de ces bouteilles, en provenance d'une cabane d'entreposage située juste à côté.
Réalisant que l'employée mettait aux poubelles des dizaines de bouteilles recyclables (et consignées!), je n'ai pu me retenir de lui dire que ce qu'elle jetait comme ça, c'était des produits récupérables.
Elle m'a regardé d'un air indifférent en m'informant qu'elle devait bien s'en débarrasser.

Devant son apparente ignorance - et la quantité de bouteilles qui s'accumulait à ses pieds alors qu'elle poursuivait de plus belle son gaspillage, j'ai insisté en l'informant qu'elle pouvait les laisser sur le bord de la rue, que les responsables de la collecte ramassaient le verre recyclable.
Elle m'a alors répondu que si elle faisait ça, les gens reprenaient les bouteilles et les rapportaient au Couche-Tard pour toucher la valeur de la consigne. Je lui ai demandé pourquoi elle devait alors jeter des bouteilles consignées, puisqu'elle devait avoir un fournisseur de service pour les récupérer, elle m'a dit qu'il ne voulait pas de ces bouteilles-là.

Je lui ai suggéré de les casser et les déposer dans un bac vert pour récupérer, mais elle avait déjà décidé que je n'étais qu'un trouble-fête et poursuivait la destruction dans le conteneur à déchet du Couche-Tard. J'ai alors pris quelques photos et elle m'a menacé d'appeler la police si je continuais... Ce que je l'ai invité à faire.


Quelques minutes plus tard, l'autre employé (gérant? supérieur?), qui avait quitté les lieux lors de mon apparition, est revenu de l'intérieur du commerce et l'a avisé de cesser ses activités et de placer les bouteilles dans leur conteneur de récupération (adjacent à leur conteneur à déchet). Elle m'a alors crié en me demandant si j'étais content de moi, que leur fournisseur serait fâché qu'ils n'aient pas fait le tri de ce qu'il prenait et ce qu'il ne prenait pas...


Plusieurs fois au cours de la discussion, je lui ai demandé si elle ne trouvait pas cela complètement stupide de détruire autant de verre recyclable alors que l'on demande aux citoyens de récupérer le plus possible... À chaque fois, elle me ressortais l'argument de la consigne et du retour des bouteilles dans le dépanneur, aux frais de Couche-Tard, qui doit alors repayer une consigne sur les bouteilles jetées.
Question: La consigne sur les bouteilles de verre, c'est pas supposé inciter les gens à rapporter leurs vides dans les endroits comme le Couche-Tard pour favoriser la récupération? Si Couche-Tard détruit les bouteilles, à quoi sert réellement cette consigne alors???
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Plus tard, je me suis rendu à mon éco-quartier pour les informer de la chose, ne sachant pas moi-même s'il y avait quoi que se soit à faire. Ils m'ont informés n'avoir aucun pouvoir sur la chose, mais que je pourrais éventuellement en informer la ville de Montréal, via leur service 311.
Un coup de téléphone au 311 m'informe que la Ville n'y peut rien, que chacun est libre de jeter ce qu'il veut dans ses poubelles, mais que je pourrais me plaindre à l'organisme qui est responsable des commerces, l'agence d'inspection des aliments (?).
Je les appelle, ils sont perplexes, ils gèrent ce qui se passe à l'intérieur des commerces, et qui touche l'alimentation. Ici, on parle de verre cassé et d'extérieur de commerce. On m'invite à contacter la Ville en composant le 311.
La bureaucratie me fait tourner en rond, tel Astérix dans une maison de fous célèbre.
J'abandonne alors, je suis bien trop cynique pour en faire une croisade.
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Lorsque je consomme des produits vendus dans des bouteilles non consignées, comme du vin, par exemple, je place toujours ce verre usagé dans mon bac vert pour le recyclage. De voir cette employée du Couche-Tard gaspiller une quantité de verre recyclable équivalente à ce que je mets moi-même au recyclage sur une période de plusieurs semaines m'a vraiment fâché.
(On notera que l'on a refusé de m'informer s'il s'agissait d'une initiative personnelle, d'une idée du gérant ou de la politique globale de Couche-Tard).
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Après ça, on se demande pourquoi certains citoyens ne croient pas en ce genre de choses. Le problème, c'est qu'avec ces dossiers, le simple individu peut bien faire ses efforts, mais si les grands joueurs, les grands consommateurs, ne font rien, alors on avance pas et nos petits pas ne nous mènent nulle part.
Fermer le robinet en se brossant les dents alors que plus de 25% de l'aqueduc de Montréal a des fuites importantes, prendre le métro plutôt que l'auto alors que les producteurs de pétrole albertains rejette sans impunité des zillions de tonnes de GES dans l'atmosphère, recycler quelques bouteilles de vin par mois alors que Couche-Tard détruit ses bouteilles de Coke consignées, accepter de payer des tarifs plus élevés alors que les élus empochent des pots de vin...
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Deux jours plus tard, c'était jour d'élections municipales.
Êtes-vous aller voter, au fait? Et si oui, pourquoi?
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Wednesday, October 28, 2009

Des nouvelles du Cowboy de l'Arctique

Certains se souviendront peut-être de mon ami Ed, le cowboy de l'Arctique.
J'ai systématiquement des nouvelles de Ed une fois par mois, en plus de quelques échanges de courriels. C'est qu'Ed tient une sorte de blogue privé, qu'il distribue une fois pas mois à ses amis. J'ai souvent tenté de le convaincre de publier ces longs messages mensuels sur un blogue public, mais il ne semble pas très chaud à l'idée. Au moins, depuis quelques mois, il publie des photos, ce qui est un début.
Si je vous parle à nouveau de Ed aujourd'hui, c'est que depuis la dernière fois (il partait alors pour le nord-ouest de Yellowknife), Ed a fait du chemin vers le pôle.
Il oeuvre aujourd'hui à Ulukhaktok. C'est - officiellement - partie des Territoires du Nord-Ouest. Mais pour mieux saisir où il se trouve, mieux vaut jeter un oeil sur, euh... une carte du Canada.


Le point identifié par Google Maps par un A, c'est Ed. (enfin, c'est la localisation de Ulukhaktok :-).
Une chance qu'Ed a publié quelques photos de son séjour là-bas, puisque jusqu'alors, je l'imaginais assis sur la banquise en prenant une bière avec un ours polaire. (Ed m'assure que la bière est toujours bien froide à Ulukhaktok). D'ailleurs, on peut aussi voir qu'en août, il neigeait déjà.
Et si je prend la peine de mentionner Ed et son aventure vers le Pôle une fois encore, c'est surtout parce que comme nous, il vit en ce moment l'habituelle transition entre l'automne et l'hiver.
Hum. Comme nous?...
Si, comme moi, vous n'aimez pas cette période de transition et n'aimez pas le froid, la disparition du soleil et toutes ces belles choses qu'amène avec lui l'hiver québécois, lisez plutôt que ce que Ed en dit candidement cette semaine:

«We are in our fifth day of 56km/hr plus winds, temperature holding at -18 at night, during the day it is -12 but with the windchill, it has ranged from -24 to -38 degrees celsius.(...) We are approaching 24 hours of darkness... the sun peaks out just after 9:30am and sets around 4:30pm. By next month, the sun will just be a warm glow in the sky not rising above the horizon. There is only 3 inches of snow on the ground but the wind chills you to the bone.»

On pourrait croire que ces mots rassurants me feront réaliser que ma situation est loin d'être difficile, mais je vais vous dire, on dirait que ça ne marche pas comme ça. Too bad pour Ed, que je ne visiterai définitivement pas pour Noël cette année encore.
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Tuesday, October 27, 2009

Le développement humain et la coopération internationale

Je sais, un titre pareil ouvre la porte à un très très vaste sujet. (Et, pour les observateurs, ouvre un nouvel étiquette dans la liste de droite de ce blogue).
Ce billet se veut une introduction à mes réflexions récentes sur le sujet.
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L'ONU et l'Indice de Développement Humain 2007.
Il y a quelques semaines, l'ONU publiait son rapport annuel mondial sur le développement humain. Ce rapport, intitulé Lever les barrières propose un bilan annuel du développement humain, et une orientation ambitieuse proposant des changements majeurs (disons-le, idéalistes) aux pays de l'ONU, principalement aux pays à indice de développement humain très élevés.
C'est le cas du Canada, qui, comme l'année précédente, se classe au 4e rang de l'IDH 2007.
(Notez tout de suite que le rapport de 2009 publie les statistiques compilées et analysées pour l'année 2007).
L'indice de développement humain (IDH) est une mesure permettant de connaître le niveau de développement humain d'un pays. Il mesure le niveau atteint par les pays concernant la durée et la qualité de vie (espérance de vie à la naissance), l'accès à l'éducation (taux d'alphabétisation des adultes, taux de scolarisation des enfants) et le niveau de vie (PIB par habitant pondéré en terme de parité de pouvoir d'achat).
Comme les résultats du rapport de 2009 se basent sur des données de 2007, nous parlons ici de l'état du développement humain avant la crise économique mondiale actuelle. Le rapport de l'an prochain devrait intégrer plusieurs des impacts de cette crise sur le développement humain de nombreux pays.
Le Canada se classe 4e, donc, et ce, sur les 182 pays répertoriés par le classement IDH 2007.
Par comparaison, on peut noter que les premières places sont tenues par la Norvège, l'Australie et l'Islande, que les USA se classent 13e et le Royaume Uni 21e.
Personnellement, j'aime toujours regarder ce qui se passe dans mes pays visités, en particulier ceux où j'ai fait des projets ou connus des amis, ou où j'ai séjourné plus longtemps que pour ne passer qu'en tourisme pendant une semaine. Je remarque donc que plusieurs pays d'Amérique Latine (Argentine, Uruguay, Cuba, Costa Rica, Mexique) forment un groupe serré de la 49e à la 54e place (le Chili est 44e). On notera que la réputation qu'ont longtemps tenté de colporter les USA à propos de Cuba et du malheur d'y vivre semble erroné, puisque l'île des Caraïbes se classe parmi les meilleurs pays latinos.
Un second groupe (les Andes) est aggloméré entre la 77e et la 80e place (Colombie, Pérou, Équateur) et ferme à toute fin la marche des pays à IDH élevé devant le Liban, denier de ce groupe restreint.
Attendez... Pérou, Équateur, IDH élevé?
Oui. L'IDH est une donnée mathématique. L'indice se calcule comme une moyenne simple des trois éléments qui la composent et se chiffre donc entre 0 et 1. Question de perspective, la Norvège a un IDH de 0,971, le Canada, de 0,966. À 0,806, le Pérou est donc parmi les pays à IDH élevé.
Si quelques pays en développement ou en voie de développement se retrouve avec un IDH élevé, c'est que l'IDH ne mesure pas le développement économique pur, mais bien le développement des humains selon trois critères précis. On notera d'ailleurs que l'autre pays des Andes, la Bolivie, lui, est classé 113e (0,729), probablement à cause de son très bas taux d'alphabétisation et de sa faible espérance de vie à la naissance, deux éléments qui sont justement en train de changer avec le gouvernement Morales, mais dont on ne verra probablement des effets notables que dans une décennie en terme d'IDH.
L'autre secteur de la planète qui a attiré mon attention cette année, c'est évidemment le sud-est asiatique. Si je n'ai pas été surpris de trouver Singapour en 23e place et la Malaisie en 66e, je me suis rendu compte que la Thaïlande (87e) et le Vietnam (116e) étaient parmi les pays à IDH moyens, le Vietnam étant même passé derrière la Bolivie depuis quelques années.
Tout ceci est fascinant si le sujet vous intéresse déjà un tant soit peu. Ce qui attriste, malgré qu'on s'y attende évidemment si on connaît un peu la situation mondiale, c'est la présence de pratiquement tous les pays d'Afrique dans les pays à IDH moyen et faible. En fait, à part l'Afghanistan, le groupe de pays à IDH faible se compose entièrement de pays d'Afrique.
Cet état de fait est consternant et déprimant à la fois, puisqu'on ne voit pas, dans le fonctionnement de l'économie et de la gouvernance mondiale actuelle, de moyens à l'horizon pour vraiment aider à rétrécir l'écart entre les pays à IDH très élevés et ceux à IDH faibles.
(On arrive à peine à faire admettre à un grand nombre de pays industrialisés que la crise climatique existe, et on est encore loin de moyens réels et efficaces pour la combattre, alors le développement humain des autres...)
On pourrait croire que ce classement est symbolique, mais l'IDH mesure des données dont l'aspect concret est frappant. Par exemple, un enfant né dans un pays à IDH faible (Niger, par exemple) peut espérer vivre en moyenne jusqu'à 50 ans, soit 17 ans de moins que dans les pays à IDH moyen (Thaïlande, par exemple), et 30 ans de moins que les pays à IDH très élevés comme le Canada.
À 43 ans, cette statistique m'interpelle directement.
Le fait de simplement pouvoir vous écrire ce billet est un autre élément qui m'interpelle directement, puisque dans un pays à IDH moyen (Vietnam, par exemple), un adulte sur cinq est illettré. Dans un pays à IDH faible (comme le Mali), c'est un adulte sur deux qui est illettré. Un sur deux, et avec une espérance de vie de 50 ans.
Aussi, ceux qui pensent que le conflit Israëlo-palestinien lèse également les deux camps seront peut-être surpris d'apprendre qu'Israël est classé 27e en terme d'IDH (0,935), devant le Portugual, alors que les Territoires palestiniens occupés sont 110e (0,737), derrière le Sri Lanka.
Enfin, le rapport souligne également que malgré les améliorations constatés dans de nombreux pays au cours des deux dernières décennies de mesure, les disparités de bien-être dans les pays riches et pauvres continuent d'être grandes et d'augmenter.
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Un mot sur la coopération internationale.
La seule manière d'intervenir pour assurer un meilleur développement humain dans les pays qui souffrent de la situation actuelle, c'est que les pays qui ont un IDH élevé ou très élevé mettent l'épaule à la roue en venant en aide aux autres pays du globe.
Bref, la coopération internationale, une série d'actions qui peu prendre plusieurs formes.
les deux principales formes en place sont de nature monétaire, via l'aide publique au développement, et de nature humaine, sous forme de coopérants volontaires qui vont assister les organismes dans des pays en développement ou en voie de développement.
Il y a aussi des centaines d'initiatives personnelles (que j'appelle l'aide internationale individuelle), en plus des gens qui font des dons aux divers organismes d'aide internationale.
La coopération internationale a un long historique depuis la seconde guerre mondiale, et visiblement, les actions entreprises n'ont pas suffit à atténuer les écarts en terme de développement humain. Pourquoi?
Le Canada, 4e au classement de l'IDH 2007, est-il un pays qui donne l'exemple ou un pays qui tire de la patte?
Ça sera le sujet d'un prochain billet.
(à suivre).
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Saturday, October 24, 2009

Le Parrain II : Entretiens avec Megan

Les lecteurs s'intéressant à ce genre de choses auront remarqué que je tiens promesse et ne devient pas un parrain gaga qui ne parle que de bébé et de filleule et d'émerveillement de la vie en général et du plus beau bébé du monde, bref, je tente de vous épargner ce genre de choses.
Si je reviens sur le sujet de mon état de parrain après plus de six mois, c'est pour vous entretenir d'un projet à long terme que j'ai débuté.
Ce projet, c'est d'interviewer ma filleule Megan à tous les ans au sujet de quelques questions plus ou moins existentielles et de noter l'évolution de ses réponses au fil des ans.
Pour le moment, on se comprend que les réponses ne sont pas très existentielles, et qu'elles ne seront pas très structurées avant un an ou deux, mais j'ai voulu démarrer le projet dès les premiers mois pour ne pas le laisser en plan et regretter plus tard de ne pas l'avoir fait.
J'ai donc réalisé mes premières entrevues avec Megan, à trois et six mois. La prochaine serait prévu pour son premier anniversaire et marquerait le début officiel de mon projet.
Voici donc le résultats de ces deux entretiens préparatoires.
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(Juin 2009)

Parrain: Bonjour Megan

Megan: Ouinnnnnn!

P: Tu vas avoir trois mois dans deux jours, comment tu trouves ça la vie?

M:  ...

P: Oh, Speechless. Est-ce que tu es heureuse, à trois mois?

M: Aaahhhhrgh aaaaarrreu.

P: A-yayayareu, ok, bonne réponse. Et comment est-ce que tu te vois dans dix ans?

M:  ...

P: Speechless again. Merci Megan!

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Trois mois plus tard.

P: Salut Megan!

M: Yreeeé!

P: Tu vas avoir six mois bientôt. Dans quelques jours à peine. C'est comment la vie, Megan?

M: Hrehrehrehre (rires).

P: Wow, ça a l'air excitant la vie, çca a l'air le fun! Es-tu heureuse, à six mois, Megan?

M: Rrheeeeeeee (excitation).

P: Ouais, t'es heureuse, le bonheur réside dans la fait de tirer sur la corde de mon appareil photo? Comment tu te vois dans dix ans?

M: Riiriirii!!

P: Tu te vois drôle!

M: Rhreeererere!!!!

P: Merci, on se revois dans six mois!



Megan à six mois, quelques minutes après son entretien avec moi.
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Thursday, October 22, 2009

De films, d'amitiés, et des petites choses que l'on laisse parfois dans l'histoire (avec un petit h).

Un long titre pour expliquer un sentiment rare mais profond qui m'a habité l'autre jour, quand je suis allé voir le dernier film du réalisateur Éric Tessier: 5150 Rue des Ormes. Ce sentiment n'était pas nécessairement quelque chose que le réalisateur aurait chercher à créer, et encore moins quelque chose qu'il aurait facilement pu réaliser, même s'il avait voulu.
Notez que ce billet n'est pas une critique du film d'Éric. Cet aspect viendra ici sous peu (ou bien dans Solaris, si jamais la revue est intéressée à mon opinion sur la question).
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Patrick, moi et le roman.
Je connais Patrick Senécal depuis plusieurs années. Je me souviens l'avoir rencontré officiellement quelque part au milieu des années 90 - probablement en 1994, et je me souviens que l'une de nos premières journées informelles a peut-être été la P'tite Boréale organisée par Natasha Beaulieu, en 1995, si ma mémoire est bonne. Pourtant, nous nous étions croisés avant ça, avant de se connaître, à Drummondville, lors du lancement de la revue AO! Espaces de la Parole, revue à laquelle nous participions tous les deux à l'occasion à cette époque.
Puis Patrick a commencé à publier chez Alire et c'est suite à une réédition de son roman 5150 rue des Ormes que j'ai lu ce roman de Patrick. J'avais déjà lu Sur le Seuil lors de sa sortie, et j'étais donc déjà un lecteur convaincu non seulement de son talent, mais de son sens du rythme et de la mise en scène efficace.
J'ai adoré le roman 5150 rue des Ormes. Sans me souvenir des détails de lecture, je me souviens avoir trouvé qu'il s'agissait d'un roman bien construit, intelligemment mené, subtil, qui fait peur dans ce qu'il met en scène comme personnages et situations, sans tenter d'en faire trop. Je ne suis pas amateur de gore pour le gore, et quand une situation terrifiante tourne au gore, tout se désamorce pour moi, en tant que lecteur. Je trouvais donc que Patrick avait su manier le genre avec finesse, mettant ce qu'il faut où il faut pour garder son lecteur prisonnier de l'univers dans lequel il a été plongé, sans en mettre trop et faire décrocher ce lecteur-ci. La chose semble facile à réaliser, mais sais que c'est très ardu de ne pas perdre le contrôle de ce genre de choses. Bref, 5150 ru des Ormes: un sacré bon roman.


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Patrick, Roberval 2K et les Chaplin.
Quelques années plus tard, j'ai organisé un festival de fantastique et de science-fiction à Roberval en 1998, auquel Patrick participait comme bien d'autres auteurs de SFFQ d'ailleurs. Le festival a eu suffisamment de succès pour que je récidive en 2000. L'édition de 2000 (Roberval 2K) comptait également Patrick parmi les participants, et cette fois-ci, en plus du volet littérature, nous avions un volet cinéma. Les activités de ce volet étaient présentées dans une salle du Cinéma Chaplin, dont j'étais le gérant à cette époque.
Pendant le festival, je pilotais aussi le développement d'un nouveau cinéma, le Chaplin II, à Dolbeau-Mistassini, en collaboration avec le cinéma que je dirigeais à Roberval.
De Roberval 2K, je me souviens précisément d'une discussion sur le cinéma fantastique québécois, discussion mettant justement en scène Patrick, et Joël Champetier, qui travaillaient alors à des adaptations cinématographiques de leurs romans respectifs Sur le seuil et La peau blanche. À cette époque, chacun affichait le même pessimisme prudent malgré l'enthousiasme; ce serait presque un miracle si chacun de ces deux films se faisaient, tellement il est ardu de financier un film de genre au Québec.
Si les choses n'ont pas changé tant que ça de ce point de vue, au moins, on a pu voir 3 ans plus tard sur nos écrans, les films Sur le seuil (d'Éric Tessier) et La peau blanche (de Daniel Roby). Depuis, les jeunes réalisateurs et scénaristes ont continué leur travail et même si il demeure difficile de faire des films de genre au Québec, on accueille avec moins de scepticsisme les projets qui sont annoncés. (Parmi leurs projets récents, on verra bientôt Funkytown de Roby avec Patrick Huard, et Les 7 jours du Talion de Podz, avec Claude Legault et scénarisé par Patrick, sortira en février-mars 2010).
Ainsi, presque dix ans après notre discussion au Cinéma Chaplin de Roberval avec Patrick, le film 5150 rue des Ormes dont il signe le scénario sortait en salle.
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5150 et moi, Chaplin II, octobre 2009.
J'avoue que passé l'excitation d'aller voir un film adapté d'un très bon roman, d'un roman écrit par un ami, et dont le scénario est écrit par cet ami, j'étais particulièrement touché par le fait que par une simple coïncidence de la vie (j'étais au Lac-St-Jean au moment de la sortie du film), je me retrouvais à aller assister à une projection de 5150 rue des Ormes, dans un cinéma Chaplin.
Octobre 2009, donc, je me retrouvais assis dans une salle du Chaplin II de Dolbeau-Mistassini, cinéma que j'avais contribué à démarrer, pour voir le film adapté de l'oeuvre de Patrick.
J'avais l'impression de voir le film d'un chum, dans mon cinéma, même si le film a été réalisé par Éric, et que je ne travaille plus pour les cinémas Chaplin depuis plus de sept ans maintenant.
Et cette réflexion m'a fait réaliser que même si on n'en a pas l'ambition, même si on n'a pas nécessairement planifié de faire ce genre de choses, même si on n'en avait aucune idée lors de notre discussion dans la salle Arcand du Chaplin de Roberval à l'été 2000, on laisse toujours des choses derrière soi, on passe toujours un peu à l'histoire, même miniscule, à quelque part.
Sans la conjonction d'événements m'ayant mené à m'installer au Lac-St-Jean à la fin des années 90 et la conjonction d'événements m'ayant mené à m'impliquer dans le développement de ces deux cinémas en région, sans la conjonction qui a fait de Patrick l'auteur qu'il est devenu au cours des 15 dernières années, bref, en version réduite, sans moi et sans Patrick, personne n'aurait pu voir 5150 rue des Ormes à Dolbeau-Mistassini depuis le début d'octobre. Pas ce film-là, pas dans cette salle-là, pas comme ça.
Et il est très rare que l'on songe à ce genre de choses. En tout cas, moi, je n'y pense presque jamais.

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[Et n'hésitez pas éa aller voir le film, il est bon en plus!]
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Élections municipales / Halloween

Je fais rarement ça, mais voici un lien désopilant.
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