Wednesday, July 08, 2009

Les Écueils du temps: Revue de presse et Nomination

Il y a quelques mois, je vous parlais du roman Les Écueils du temps sur ce blogue.
Or le 22 juin dernier, un communiqué de presse annonçait les trois finalistes au Prix Jacques Brossard 2009 et parmi les finalistes, on retrouve l'auteur Daniel Sernine pour son roman Les Écueils du temps.
Comme quoi je n'ai pas été le seul à être impressionné par le roman de Sernine.
Je profite donc de l'occasion pour faire un petite revue de presse de ce roman; qu'en ont pensé les critiques, les journalistes culturels... l'auteur lui-même dans diverses entrevues?
Comme plusieurs grandes oeuvres de SF québécoises, la couverture médiatique n'est pas volumineuse mais elle est tout de même notable dans le cas de ce roman-ci.
Outre l'entrevue (en deux parties) que vous avez pu lire sur L'Esprit Vagabond, l'auteur a accordé deux autres entrevues. La plus récente apparaît intégralement dans les pages du fanzine Brin d'Éternité (No.23, Printemps 2009). L'intervieweuse Josée Boudreau fait un tour d'horizon de la carrière de Sernine en quelques questions, avec une pointe ici et là sur les franges comme le marché de la littérature de genre au Québec. On apprend entre autres que Les Écueils... avec Les Archipels du temps, a rejoint le palmarès personnel de l'écrivain avec Chronoreg comme les 3 romans qu'il considère comme ses meilleures oeuvres. Je retiens aussi les points plus personnels et l'anecdote sur l'utilisation de pseudonyme de cette entretien honnête et bien présenté dans un fanzine qui a une facture très classe.
Mathieu Perreault de La Presse a questionné l'auteur un peu avant le salon du livre de Montréal l'automne dernier et a tiré de cet entretien un article que l'on peut lire sur le site du journal et qui fait un survol des circonstances d'écriture de La Suite du temps. Le journaliste met parfois l'accent sur des points mineurs (la similitude du black oil de X-Files dans L'Arc-en-cercle, par exemple, alors que Les Écueils du temps mettent en scène les petits gris qui sont une référence directe à la série culte), mais dans l'ensemble, il dresse un court texte intéressant pour qui ne connait pas beaucoup l'oeuvre de Sernine, surtout dans le cadre d'un quotidien généraliste. L'envers de ce support étant qu'en bon journaliste objectif, Perreault évite d'émettre toute opinion personnelle sur le roman.
Si on veut se mettre quelques opinions plus poussées sous la dent, on peut aller du côté de la revue Québec Français , qui publie une critique signée Julie Blanchet-Chouinard dans son numéro 153 (Printemps 2009). La critique, élogieuse, souligne entre autres: "Ce dernier tome (...) témoigne tout particulièrement de la virtuosité de l'auteur (...) puisqu'il a su tisser une trame (...) dépourvue d'anachronisme et d'invraisemblances, malgré de nombreux retours en arrière." Elle conclut son commentaire par: "Dans une langue finement ciselée, Les Écueils du temps dénoue donc une intrigue admirablement bien ficelée, bien rythmée et extrêmement réaliste, qui tient son lecteur en halène jusqu'à la toute fin."
Dans le numéro 169 (hiver 2009) de la revue Solaris, Nicholas Serruys offre une critique de fonds, sur les thèmes explorées dans la trilogie ainsi que ses interprétations alllégoriques mentionnant au passage que "Les Écueils... est le plus riche des trois volumes de la trilogie" et n'hésitant pas à qualifier La Suite du temps comme "l'une des oeuvres charnières de la SFQ contemporaine".
Si on recherche plus qu'une simple critique, alors l'excellent article qu'a publié Laurent Laplante dans le numéro 114 (avril 2009) de la revue Nuit Blanche est une véritable petite étude sur les thématiques de la trilogie de Sernine, complétée par des extraits des romans et un point de vue critique articulé. Parmi les divers commentaires critiques parsemés dans cet article fouillé, on note d'entrée de jeu: "De quoi combler le plus exigents des fervents de science-fiction. de quoi aussi, défi plus abrupt, faire taire quiconque oserait encore contester à la science-fiction sa place dans l'univers littéraire." Laplante salue aussi bien le professionalisme de l'écrivain que la richesse de son vocabulaire, sa recherche et sa culture.
Enfin, du côté de la blogosphère, je ne suis pas le seul à avoir émis mon opinion sur ce roman.
On peut lire un court résumé de lecture sur Le temps des passions;
Si on lui laisse le temps, on ne doute pas que Mathieu Fortin aimera aussi, à lire son commentaire détaillé en enthousiaste sur Les Archipels du temps, publié sur cotéblogue il y a quelques jours à peine ("digne des meilleures oeuvres de science-fiction au niveau mondial");
et Gadrièle nous offre un commentaire candide et personnel sur sa lecture du roman.
En terminant, et pour revenir sur les finalistes au Prix Jacques Brossard 2009, si vous suivez ce blogue, vous savez déjà que j'ai bien aimé le roman d'Éric Gauthier. J'avoue ne pas avoir lu les oeuvres de Frédérick Durand lui méritant la nomination, alors difficile de me prononcer sur le lauréat du prix pour 2009. Pourtant, même si j'ai aimé Une Fêlure au flanc du monde, et que j'ai été impressionné par son souffle et sa réussite comme premier roman pour l'auteur, pour ce lecteur-ci, on ne parle pas du même genre de calibre que Les Écueils du temps, ni de la même ampleur d'univers ou d'ambition science-fictive non plus. Les Écueils... c'est ce que j'ai lu de mieux en SF depuis longtemps, alors je vois mal ce qui pourrait venir ravir le prix à Sernine. Mais, comme le Prix Jacques Brossard est remis après délibération d'un jury, nous attendrons tous le résultats lors de la convention mondiale qui se tient à Montréal en août prochain.
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Notes/Références
- Le prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique récompense l'auteur de la meilleure production annuelle pour adultes dans le domaine de la science-fiction, du fantastique et de la fantasy. Communiqué officiel des finalistes au Prix Jacques Brossard 2009.
- Site officiel de la convention mondiale Anticipation 2009, dans le cadre de laquelle le Prix sera remis.
- Un extrait des Écueils du temps sur le site des éditions Alire, aussi disponible sur le site de la revue L'actualité.
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Tuesday, July 07, 2009

Revolutionary Road

Un de mes passion est le cinéma. Pourtant, dans les douze derniers mois, j'ai l'impression d'avoir vu beaucoup moins de films que j'en avais l'habitude par le passé.
Mes nombreux déplacements à l'étranger l'été dernier, et mon séjour en Asie l'hiver passé comptent pour beaucoup dans cet état de fait. Le fait d'habiter dans un arrondissement de Montréal loin du centre et dépourvu de cinéma complète le tableau.
Les choses changeront bientôt et pour le moment, malgré quelques incursions dans les salles en 2009, j'ai du retard à rattraper du côté des films de la fin de 2008.
Par exemple, je voulais louer Revolutionary Road depuis des semaines et des semaines; j'en ai attendu la sortie avec impatience... et n'ai trouvé l'occasion (et le bon moment) pour le voir qu'hier soir. Il faut dire que Sam Mendes ne réalise généralement pas le genre de films à écouter distraitement, ou encore avec les enfants un samedi après-midi.
Revolutionary Road ne fait pas exception, j'avais des attentes, et ces attentes demandaient un moment propice pour pouvoir apprécier ce film à sa juste valeur.
Je ne ferai pas une critique de ce film ici, s'il vous intéresse, vous l'avez certainement vu avant moi, un commentaire serait donc bien peu utile en ce sens.
Par contre, je mentionnerai que j'ai trouvé le film brillant; scénario, réalisation, direction photo et interprétation sont ses points particulièrement forts; ça frôle la perfection; certaines scènes sont sublimes.
Évidemment, le thème y est pour beaucoup dans mon appréciation de Revolutionary Road; ça m'a touché sur un niveau personnel, puisque ça illustre avec intelligence une bonne partie de mes choix de vie; pourquoi j'ai décidé d'avoir le mode de vie que j'ai adopté il y a presque dix ans; pourquoi je ne désire pas d'enfants; pourquoi je voyage au détriment de l'accumulation de biens matériels ou d'une maison ou d'une voiture; pourquoi je n'ai aucun plan de carrière, etc.
Je ne juge pas les gens qui ont une vie plus conventionnelle ou traditionnelle que moi; chacun ses choix et chacun sa manière d'être heureux; mais si vous voulez comprendre mon mode de vie, Revolutiuonary Road donne plusieurs pistes de solutions, et à divers degrés.
Et pour illustrer ce lien très personnel avec le film de Mendes, j'ai mis la main sur l'affiche parfaite; c'est une jolie image, et avec des titres en katakana, que je peux lire et qui représentent bien mon mode de vie de voyageur.
Je poursuis donc mon rattrapage et publierai éventuellement un billet sur les douze derniers mois de cinéma que j'avais en partie raté en salles. Ce qui ne m'empêchera pas de voir les films actuellement au cinéma, question de ne pas prendre trop de retard sur ce qui se fait en ce moment non plus.

Monday, July 06, 2009

Les photographes photographiés

Depuis quelques années, je m'amuse souvent à prendre en photo des gens ... qui prennent des photos.
C'est devenu une habitude, lorsque je me balade ou lorsque je visite des sites touristiques, de regarder comment les gens prennent leurs photos... ou de quoi ils ont l'air en les prenant, ou encore ce qu'ils prennent en photo... et d'immortaliser le moment, sous un autre angle que le leur.
Le résultat est parfois amusant, et parfois intéressant du point de vue de la composition que ça peut donner (comme le moine bouddhiste visitant les ruines du temple d'Angkor Wat au Cambodge, sur la photo si-contre, par exemple).
J'ai récemment regroupé 40 de ces photos, dans un nouvel album thématique, disponible ici.
Cet album regroupe donc des photographes photographiés sur le fait.
Je me suis dit que ça pourrait vous intéresser.
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Tout le monde en jazz: Vive l'imprévu!

Un court mot pour mentionner que parfois, dans un festival comme le Jazz présenté à Montréal ces jours-ci, mieux vaut ne pas faire de plans et se promener au hasard des découvertes.
Prenez hier soir, par exemple.
Attiré par le beau temps et une programmation intéressante et diversifiée, j'ai décidé d'aller jeter un oeil (et une oreille) du côté de la prestation du groupe canadien d'origine latino-américaine Bomba, à 20h. Avec un spectacle prévu d'une heure, c'était parfait pour me rendre par la suite au spectacle de Patrick Watson à 21h.
Après quelques minutes à écouter Bomba, j'ai dû avouer ma déception; le groupe n'est pas mauvais, mais fait plus de jazz expérimental contemporain que de jazz d'inspiration latine, et mes attentes étaient différentes, vues leurs origines cubaine/péruvienne/brésiliennes. Exit Bomba et promenade au hasard; je tombe sur la prestation de Jesse Dee; un phénomène énergique et amusant qui, avec un band de 5 musiciens (dont deux cuivres) joue un jazz qui n'est pas sans rappeler Al Green. Superbe interprétation de ses chansons (que je ne connaissais pas du tout), pour les 40 minutes que j'ai pu voir.
Puis, j'ai perdu un bon 20 minutes à suivre les instructions des organisateurs et agents de circulation qui montraient (ou tentaient de le faire) comment se rendre de la scène rue Ste-Catherine à celle rue Jeanne Mance, où jouait Patrick Watson. Après 10 minutes de marche inutile dans des couloirs cloturés avec aucune vue ni aucun accès, j'ai abouti au milieu d'une foule à la densité désagréable, compactée sur la rue au coin de Jeanne Mance et Président Kennedy, sans possibilité de voir la scène où avait débuté Watson.
Une fois passé à travers le gros de la foule, et éloigné un peu, j'ai pu apprécier une partie du concert devant un écran géant dressé sur Maisonneuve. Bof. Je ne déteste pas la musique que fait Patrick Watson (pensez Radiohead, ou Pink Floyd un peu lent), mais pour un concert live (et jazz), c'était un peu trop égo-trip comme genre et comme interprétation. L'artiste avait un peu trop l'air dans son propre univers, plongé dans ses concepts, et à peine conscient des milliers de personnes présentes devant lui; une attitude qui passe bien sur disque, mais qui n'est pas très entraînante dans un show live. Seconde déception de la soirée.
J'ai donc erré vers le sud et je suis tombé sur Rafaël Zaldivar Quintet; un plaisir et une découverte qui m'a tenu sur place jusqu'à la fin de leur gig à 22h. Piano, contrebasse, saxo et batterie; aucune pièce connue, l'ensemble instrumental, un très beau moment de jazz.
Comme quoi parfois, on n'a pas à se compliquer la vie ou planifier ce qui devrait nous plaire...
Après tout, les meilleurs moments de ce festival sont souvent ces soirès de promenade d'une scène à l'autre au gré de votre humeur.
Hier soir, mon humeur m'a mené de Jesse Dee à Rafaël Zaldivar et j'en garde un très bon souvenir.
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Photos: 1. Jesse Dee et son band. 2. Rafaël Zaldivar Quintet.
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Tout le monde en jazz: Spéciale K

La soirée était prometteuse... Florence K en spectacle sur la grande scène du festival.
La météo n'aidait pas à sortir de chez soi, par contre... Avec des averses tombant depuis des heures, il a fallu du courage pour partir de la banlieue et filer vers le centre-ville.
Arrivé sur le site vers 20h15, j'ai passé l'essentiel des premières 30 minutes à l'abri dans le Complexe Desjardins. Vers 20h50, je me suis rapproché de la scène, un peu triste pour Florence K et ses musiciens; il n'y avait pas foule et la pluie tombait toujours.
Soudain, la pluie s'est calmée un peu, les gens se sont rapprochés, les parapluie ont commencé à disparaître du paysage... et Florence K est arrivée sur scène et a entamé sa prestation avec Las calles del sur, tiré de son premier album.
Après cette interprétation rythmée, la pluie a abandonné la partie et laissé place à la musique!
Les gens n'étaient pas cachés très loin puisqu'après ce début de spectacle, une bonne foule s'est rapidement accumulée sur la rue Jeanne Mance et sur la place jusqu'à la rue Président Kennedy.
Accompagnée d'une dizaine de musiciens (dont son mentor cubain; surnommé El Nino), Florence K nous a livré en une heure une performance absolument splendide.
Avec des pièces chantées en 4 langues (français, anglais, portugais mais surtout espagnol), la chanteuse et pianiste s'est aussi adressée à la foule en diverses langues. Jazz, bossa nova, trova et son cubano et même un blues, chaque pièce était fabuleusement interprétée et un délice pour les oreilles (et les yeux; elle est très jolie, Florence K).
Ce qui frappe chez Florence K, c'est son incroyable amour de la musique, qui transparaît avec chaque note jouée au piano, chaque mot chanté ou même chaque pas dansé.
Car il y avait aussi de la danse, accompagnant la représentation; Un couple de danseur et Florence elle-même animait la scène de leurs chorégraphies, comme si les rythmes d'inspiration latino ne suffisaient pas déjà à enjouer la foule.
En un mot comme en cent, ce fut un spectacle merveilleux; je n'ai pas vu passer l'heure!
Après une pause d'une heure, Florence a d'ailleurs remis ça avec une seconde représentation (à 23h), mais j'avais quitté le site, et on dit que la pluie s'est remise à tomber vers la fin de sa prestation.
Je peux vous dire une chose, par contre, c'est que je n'ai pas regretté de m'être sorti de chez moi sous la pluie abondante: Qu'on se le dise, peu importe la météo, une prestation live de Florence K a de quoi réchauffer le corps et le coeur.
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Friday, July 03, 2009

Tout le monde en Jazz: Stevie et Michael

Invitation.
Un petit billet pour vous inviter à profiter du Festival International de Jazz de Montréal, qui a été lancé avec brio mardi soir avec le concert de Stevie Wonder. Ce soir, c'est le tour de Florence K de prendre la scène extérieure principale du festival (située sur la nouvelle place des spectacles aménagée le long de la rue Jeanne Mance à côté de la Place des Arts).
Le festival de Jazz trouve tout son sens dans ses scènes extérieures de mon point de vue. Certes, il y a nombres de spectacles majeures en salles (cette année, avoir eu un budget illimité, je serais bien allé voir Chris Botti ou Wynton Marsalis), mais l'action qui distingue ce festival de bien d'autres, c'est la gratuité de plusieurs excellents concerts en pleine rue du centre-ville, et la possibilité de simplement se promener d'une scène à l'autre au gré de son inspiration.
Trafic.
Mardi, l'organisation du festival mettait à l'épreuve le nouveau site avec une foule impressionnante pour saluer la présence de Stevie Wonder. Je suis arrivé vers 20h45 sur le site, via le métro Place des Arts. La sortie qui donne dirrectement sur la nouvelle place était fermée (la place était déjà pleine de monde) et en empruntant la sortie sur Bleury, on nous a indiqué que l'entrée de la place n'était pas sur Président Kennedy (contrairement à ce qu'un représentant avait dit aux informations télévisées de 18h, mais je soupçonne que la foule était plus nombreuses que prévue); Il fallait remonter par la rue Sherbrooke... où la circulation n'était pas bloquée et où les piétons par centaines se faufilaient donc parmi les voitures... jusqu'aux clotures de la rue Jeanne Mance... où un préposé refusait l'entrée au site, invitant les gens à faire le détour jusqu'à St-Urbain pour redescendre... (!). Certains ont alors abandonné, mais je voyais bien qu'il y avait encore énormément de place sur Jeanne Mance juste au nord de Président Kennedy... Avec Suze, nous avons alors pris un raccourcis en empruntant un couloir d'un pavillon de l'UQAM, dont une porte du côté sud-ouest donne justement sur la rue de Maisonneuve coin Jeanne Mance... Quelques minutes plus tard, vers 21h, donc, nous étions sur Jeanne Mance, à quelques mètres au sud de Maisonneuve, en face de la scène!
Quand le spectacle a débuté, avec quelques minutes de retard à cause de la pluie, une foule compacte était massée sur Jeanne Mance jusqu'à la rue Sherbrooke. Et je ne voyais pas les rues adjascentes ni la foule sur Ste-Catherine.
Wonders.
Stevie Wonder n'a pas besoin de présentation; il est arrivé sur scène au bras de sa fille (qui est aussi chanteuse et claviériste) et a informé la foule qu'il comptait faire de ce spectacle un hommage à la vie et la musique de son ami Michael Jackson. Il a donc débuté avec une de ses compositions: I Can't Help It, qu'il avait composé pour Jackson. Pendant la première moitié du spectacle, Wonder s'est arrêté à quelques reprises en demandant au responsable du son de mettre du Michael Jackson. Ainsi, la foule a eu droit à Shake Your Body et The Way You Make Me Feel, directement des albums de Jackson, avec Stevie qui chantait par moments, mais invitait surtout la foule à danser sur la musique de son ami.
Cette manière de faire n'est pas conventionnelle, et j'ai lu le lendemain quelques critiques qui ont trouvé à redire, mais Stevie Wonder a la réputation de n'en faire qu'à sa tête et d'improviser beaucoup pendant ses spectacles. Personnellement, j'aime bien les artistes qui font les choses différemment, que ça plaise ou non à la foule ou aux journalistes culturels, alors j'ai aimé son audace de ce point de vue et l'hommage était sincère et bien senti.
Wonder n'a pas oublié qu'il jouait dans le cadre d'un festival de jazz, et il ne s'est pas contenté de jazzer quelques pièces de son répertoire; il n'a pas hésité à fouiller ailleurs, y compris dans le répertoire espagnol, pour se lancer dans des longs morceaux endiablés avec son band de plus de dix musiciens; n'hésitant pas non plus à jouer des pièces instrumentales en plus d'une douce Michelle, des Beatles, au piano.
Le reste du concert a été plus axée sur les succès de Stevie (avec quelques medleys, dont un sur des chansons remontant à son enfance à ses débuts). Nous avons vécu un autre moment original lorsqu'il a invité les spectateurs à chanter une chanson d'inspiration arabe (que je n'avais jamais entendu auparavant); la foule a joué le jeu, Stevie s'est amusé sur scène... et j'ai appris le lendemain que personne ne la connaissait, cette chanson, puisque le chanteur prévoit la sortir sur son prochain album! (On peut dire que l'effet est réussi, j'ai encore son refrain moyen-oriental dans la tête!).
C'était donc l'ouverture du festival, qui fête son trentième anniversaire. J'ai trouvé cette ouverture particulièrement bien réussie; les divers univers musicaux explorés par Stevie Wonder était la parfaite illustration de la diversité musicale que l'on retrouve désormais au Festival.
Bon Jazz!

New York - Montréal : Chicago

Dans mon billet parlant de l'offre actuelle sur Broadway à New York, j'avais mentionné à la fois ne pas avoir vu de musical pendant mon séjour là-bas, et en avoir vu un de toute manière... en quelques sortes off-off-off-Broadway :-)
C'est que ce musical que j'ai pu voir, je l'ai vu... à Montréal, le soir-même de mon retour de New York. Ce spectacle était justement le prochain sur ma liste new-yorkaise depuis ma dernière visite à Broadway. il s'agit de Chicago, un classique.
Inutile de vous raconter l'histoire de cette comédie musicale; elle a fait le tour du monde sur scène et a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2002, adaptation qui a remporté plusieurs Oscars.
L'avantage de voir un spectacle comme Chicago est justement que l'histoire est connue, et que plusieurs chansons le sont également (All That Jazz, Razzle Dazzle, etc); le spectateur est donc en terrain familier et peut se concentrer sur la performance musicale, chantée, dansée... et actée de la troupe. Je ne le dirai jamais assez; il n'y a aucun média qui peut réellement procurer le même sentiment qu'un musical vu sur scène; ni les versions filmées ni les adaptations cinéma.
En ce sens, je n'ai pas été déçu par la version de Chicago que nous a présenté la troupe de tournée à Montréal.
Sans vouloir faire une complète revue du spectacle, je me dois de noter que malgré la surprise d'y voir une Roxie Hart rousse, j'ai été amusé par l'interprétation énergique et comique de Bonnie Langford. Toutefois, malgré tout le talent des interprètes présents, c'est la montréalaise Terra C. MacLeod qui vole le show avec son interprétation fabuleuse de Velma Kelly.
Certains de ses numéros dépassent le simple mélange danse-chant pour incorporer de véritables acrobaties et un rythme qui laisse pantois. Son jeu d'actrice est aussi merveilleusement dans le ton.
Si les décors de Chicago (en tournée) demeurent minimalistes, ce sont les détails qui accrochent et amusent; La mise en scène léchée et osée (quasi lascive) mais qui ne se prend jamais trop au sérieux, ou encore la complicité de l'orchestre et de son chef qui s'insinuent dans l'intrigue à quelques moments (ou refusent de jouer le cue de sortie du pauvre Amos).
Mais ce qui reste comme souvenir après le spectacle, c'est l'incroyable talent des interprètes, qui doivent jouer la comédie, danser et chanter et souvent les trois en même temps avec une énergie qui émerveillera toujours ce spectateur-ci.
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Monday, June 29, 2009

Les escaliers de New York

Un (autre) album-photo thématique, celui-là sur les escaliers de New York.
À peu près tous les quartiers compris entre Midtown et Downtown, à New York, sont résidentiels et offrent au promeneur de jolies vues sur leurs bâtiments en brique avec les escaliers en façade.
Lors de mon dernier séjour dans la métropole américaine, j'ai pris le temps de m'y promener et de prendre quelques exemples de ces charmants escaliers en photo.
On retrouvera 20 photos représentant un sommaire de ce safari photo urbain, ici.
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Thursday, June 25, 2009

Michael

Michael,
Étrangement, ça faisait des semaines et des semaines que je n'avais pas parlé de toi ou réellement pensé à toi, et hier pourtant, parlant avec une jeune fille de 11 ans, nous comparions les artistes que nous connaissions - avec une différence d'âge de plus de 30 ans - et ton nom est apparu naturellement, connu des deux.
Ta musique était omniprésente également, puisqu'encore la semaine dernière, en route pour New York, nous écoutions une version jazz manouche de Billie Jean dans la voiture... Immortelle musique, même si nous n'étions pas toujours conscient de ta présence.
Tu auras été une idole de jeunesse, un modèle de talent et de génie, la premier artiste dont j'aurai admiré autant le talent d'ailleurs.
C'est un choc de savoir que je n'aurai plus l'occasion d'écouter une nouvelle chanson de toi. Malgré ton silence de plusieurs années, j'avais toujours pris pour acquis que tu ferais partie de ma vie d'une manière ou d'une autre, comme un vieil ami ou un parent proche que l'on perd un peu de vue mais qui demeure dans notre coeur et dont le souvenir est toujours chaleureux et que nous sommes toujours heureux de revoir.
C'est un choc car avec seulement 7 ans de plus que moi, tu faisais partie de l'univers tel que je l'ai toujours connu. Je n'ai jamais réalisé que ta présence étais une partie importante de la définition que je me faisais du monde.
Je trouve infiniment triste que tu n'aies pas pu être aussi heureux que tous les gens au monde qui ont eu le bonheur d'aimer ta musique et tes chansons.
Nous ne nous sommes jamais rencontrés, et pourtant tu étais un ami. Merci.
Ça fait des années que je n'ai pas acheté un disque de toi, ni même réalisé que ça faisait si longtemps d'ailleurs. Pourtant, ce soir, le monde n'est plus le même.

Wednesday, June 24, 2009

L'Esprit Vagabond fête la St-Jean

Bonne St-Jean, tout le monde!
Photos prises lors du défilé des géants, rue Sherbrooke, à Montréal, en cet après-midi du 24 juin 2009.
Figurines amérindiennes géantes - partie historique du défilé.

Dragon motorisé. Partie ludique du défilé.

Parmi les géants du défilé, plusieurs représentent des personnages historiques, d'autres des concepts généraux.

Personnage à cheval, filles en camisole faisant une chorégraphie et le Curé Labelle; beau mélange de cultures, le Québec!

Toujours côté mélange culturel, un dragon chinois semble s'attaquer au drapeau du Québec.

Au loin, René Lévesque devance Félix Leclerc; les deux étant l'équivalent St-Jean du Père Noël dans le défilé des fêtes!

Le bleu et le fleurdelysé étaient à l'honneur dans les rues, évidemment.

Bonne St-Jean à tous.
Je vous laisse, je vais tenter de me faire une place au parc Maisonneuve pour le spectacle de la soirée.

Quoi faire à New York lors de votre 4e visite

On n'aborde pas une ville de la même manière lorsqu'on s'y balade pour la 4e fois.
C'est pourquoi mon récent séjour à New York n'a pas été traité comme une visite purement touristique. J'avais parlé de Québec et Montréal juste avant de partir, et c'est un peu dans le même esprit d'exploration urbaine et découvertes au hasard (d'une ville autrement connue) que j'ai abordé les quelques jours que j'ai passé à Manhattan.
Comme je n'ai jusqu'à maintenant publié que des billets-photos sur cette 4e visite, voici un sommaire des activités auxquelles j'ai consacré cette visite estivale et mes impressions sur ce que j'ai vu.
Étant un amateur de spectacle sur Broadway, j'ai été légèrement déçu de l'offre globale disponible cette année. Un passage à Times Square et la consultation des spectacles présentés n'avait rien pour me faire désirer voir un des shows à tout prix. Plusieurs classiques sont encore présents mais je les ai vus, et le meilleur que j'ai vu a tiré sa révérence après plus d'une décennie (RENT). Les nouveautés sont de deux genre: revival d'ancien succès (West Side Story, South Pacific, etc) ou adaptation de matériel déjà à succès dans d'autres médias (Shrek the musical, les trucs de Disney, etc). Il y a encore une offre globalement bonne pour les néophytes, et avoir eu plus de budget j'aurais été bien content de voir The Lion King ou West Side Story, mais finalement, le hasard de cette année m'a fait voir un autre musical, mais pas sur Broadway (à lire dans un prochain billet).
Sinon, de voir l'avenue Broadway elle-même, devenue piétonnière à plusieurs endroits - essentiellement de la 35e à la 42e et dans Times Square - m'a convaincu que Montréal devrait étendre le concept de la rue estivale piétonnière (Ste-Catherine jusqu'à la Place des Arts, par exemple, et des portions de Mont-Royal et de St-Laurent). Québec devrait maintenir une portion de St-Jean piétonnière tout l'été, carrément.
Côté surprises, j'avoue que je ne savais pas que des cyclo-taxis parcourraient la ville, puisque mes trois visites précédentes avaient été pendant la saison plus froide, et que les cyclos offrent leurs services principalement l'été. La chose est particulièrement amusante dans une ville de la taille et de la densité de New York, puisqu'elle est inattendue. Et cet aspect, jumelé avec d'autres comme les kiosques de coin de rues qui vendent des hot-dogs, des pretzels géants chauds, des falafels, et divers snacks donnent à Manhattan une ambiance que je souhaiterais voir dans nos villes comme Québec et Montréal en été. C'est festif même s'il n'y a aucune activité officielle de prévue au programme, c'est simple et accueillant, et en plus, ça permet de luncher sans se ruiner ni perdre trop de temps si vous êtes de passage en ville.
Comme j'avais déjà visité plusieurs quartiers et attractions de la ville, j'ai surtout profité de mes journées pour me promener dans mes quartiers préférés et en découvrir quelques nouveaux encore inexplorés.
J'aime bien les quartiers de New York, leur dénomination amusante et originale leur donne déjà une allure sympathique. J'en ai parlé dans les commentaires d'un billet précédent, mais les Tribeca (TRIangle BElow CAnal street), SoHo (SOuth of HOuston), Nolita (NOrth of Little ITAly) ou Dumbo (Down Under the Manhattan Bridge Overpass) me font toujours sourire. Quand ce ne sont pas des abréviations sympathiques, les autres quartiers ont aussi des noms assez colorés; Alphabet City, Hell's Kitchen ou Meatpacking District, par exemple, font frétiller l'imagination du visiteur.
Un passage à Wall Street s'est avéré intéressant également; le quartier a perdu de son lustre, symboliquement, depuis la chute du système financier américain.
Étrangement - comme je le notais au bas d'une photo prise sur Wall Street même - il y a plusieurs chantiers dans les rues du secteur financier et ça donne l'impression que le crash s'est produit physiquement autant que financièrement.
Ma visite la plus traditionnelle - et aussi une première pour moi puisque l'an dernier, le centre des visiteurs était fermé pour travaux, c'est le World Trade Center. Devant ce qui est encore un immense chantier entourré de grillages, un centre commémoratif pour les visiteur a été ouvert. C'est une visite assez émouvante, et le montage est sobre et bien présenté; un sommaire des événements de 2001, avec quelques artefacts et un secteur consacré au projet actuel de construction sur le site du WTC.
J'ai profité du temps pluvieux à un moment pour me rattraper côté musées; ayant déjà visité quelques musées de New York, j'ai voulu tenter la nouveauté plutôt que la répétition des expériences antérieures et j'ai donc passé quelques heures au MoMA plutôt que de retourner au MET. Erreur en ce qui me concerne. Le Museum of Modern Art est un bel édifice dont l'entrée rappelle un peu celle du Tate Modern de Londres et comme son nom l'indique, il est consacré à l'art moderne au sens large. Si les deux étages offrant sculptures et peintures montrent quelques pièces intéressantes pour les amateurs de Picasso, Mondrian ou Kandinsky, j'ai pour ma part été laissé sur ma faim. Les Picasso sont loin d'être ses oeuvres les plus intéressantes de mon point de vue. Il y a un petit Van Gogh, c'est toujours mieux que rien (mais après une visite au Musée consacré à Vincent à Amsterdam l'an dernier, difficile de s'exciter avec une seule toile mineure), quelques Cezanne (dont un qui demeure le plus bel objet vu lors de cette visite) et un Toulouse-Lautrec (relégué dans l'expo temporaire sur la photo et les affiches).
Je pourrai au moins dire que j'ai vu des Mondrian originaux, pour tout le bien que ça me fait; ils sont pareils en reproduction ou sur internet en ce qui me concerne.
Le secteur le plus ambitieux est probablement celui consacré à Jackson Pollock. Pas ma tasse de thé - je l'appelle le Riopelle américain - mais tout de même joli et intéressant de voir en original plutôt qu'en reproduction (raison principale de visiter un musée).
L'ensemble est donc loin de valoir le prix du billet (20$ US) - pour moi, qui finirai par comprendre que l'art moderne ne m'intéresse que très peu finalement. Peut-être mon problème vient-il du fait que j'ai visité des musées exceptionnels en Europe pour beaucoup moins cher que ça? Non, c'est bien l'art moderne, puisque je me souviens que ma visite au MET de New York avait été un délice. On dirait que le Tate Modern demeure l'exception qui confirme cette règle puisqu'il demeure le seul musée d'art moderne qui me plaît vraiment (j'y suis même retourné à deux reprises).
Heureusement, je me suis repris avec mon autre découverte: la Collection Frick, qui regroupe les pièces accumulées par Henry Clay Frick dont les héritiers ont eu l'excellente idée de conserver et d'exposer au public dans la demeure du monsieur en question. Comme la demeure est de type manoir, la visite est donc composée des oeuvres d'art et de l'architecture et de la décoration de l'édifice lui-même. Une visite riche en émotion, puisque le bâtiment et le mobilier à eux seuls méritent déjà le prix d'entrée (15$ normalement, mais j'ai payé un prix spécial de 7,50$ lors de ma visite).
À part une belle collection de petits bronzes et de nombreux tableaux de maîtres (Goya, Renoir, un autoportrait de Rembrandt...), la Collection Frick m'attirait surtout par la présence de trois toiles originales de Vermeer. Et je n'ai pas été déçu, puisque voir un original de Vermeer est toujours un délice pour les yeux; en plus de plonger son regard dans ses subtils jeux d'éclairage, on peut remarquer des détails qui échappent aux reproductions habituelles. En plus, visiter les originaux de Vermeer un peu partout au monde est devenu une sorte de pélerinage personnel, alors j'étais bien content d'ajouter à mon tableau les trois oeuvres de la Collection Frick.
Ce qui termine sur une bonne note mes explorations new-yorkaises de cet été 2009... Et comme de coutume, j'ai simplement dit au-revoir à la grosse pomme, puisqu'il ne fait aucun doute que j'y retournerai, ce que je conseille d'ailleurs à tous les amateurs de grandes villes.
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Photos:
1 - Consultant l'offre sur Broadway. Notez le sondage public en haut, sur le nouvel aspect piétonnier de la rue.
2 - Avenue Mulbery, dans Little Italy, piétonnière la fin de semaine.
3 - Dodge Dart 1965 et Smart 2009 rouges, Greenwich Village.
4 - Le calme de Wall Street.
5 - Reconstruction en cours sur le site du WTC.
6 - Carte de l'Amérique du Nord par Jasper Johns, au MoMA (notez le Québec en haut à droite!).

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