mardi 22 avril 2014

Bientôt au coeur de l'empire romain

Le lecteur qui me suit depuis un moment ne sera pas étonné de me savoir heureux de partir pour Rome.
Rome, c'est évidemment le coeur de l'empire romain, une période de l'histoire qui m'intéresse particulièrement. Mes lectures d'Astérix dans ma jeunesse n'y sont pas étrangères, évidemment, mais je n'étais pas le seul lecteur du petit gaulois et même si mes amis ont laissé cette époque derrière eux, mon intérêt pour l'histoire de l'empire romain ne s'est jamais estompé. Au contraire, mes voyages ont nourri cet intérêt, et au fil des ans, des lectures en ont fait autant. J'avais d'ailleurs parlé de cet intérêt d'un point de vue littéraire (et cinématographique) dans un court billet il y a quelques années déjà.
Mais si l'empire romain me fascine, c'est évidemment par les artéfacts que cette civilisation a laissé derrière elle un peu partout sur le très vaste territoire qu'elle occupait.

On parle d'une civilisation qui se déplaçait à pied, à cheval et en bateau. Dans les circonstances, l'étendue de l'empire est très impressionnant. J'ai eu la chance, au cours de mes voyage, de visiter plusieurs sites archéologiques montrant des vestiges de cette époque (on parle de lieux vieux de 1600 à plus de 2000 ans). De la Dalmatie au bout du mur érigé par Hadrien en Bretagne aux limites nord de l'empire, en passant par la Pannonia, la Mauritanie, la Gaule et l'Hispanie, dès qu'il y a un site à proximité, aussi petit soit-il, je fais le détour pour le visiter. Les sites archéologiques sont parfois des villes entières, parfois quelques vestiges dans une ville qui s'est (re)développée dans les époques subséquentes. Alors que la plupart des touristes visitent les sites majeurs sans trop s'attarder aux "petites ruines", chaque site datant de l'époque romaine s'est avéré intéressant pour ce voyageur-ci.
Alors imaginez Rome, avec l'étendue des ruines qu'on trouve dans l'ancienne cité et la quantité de "petites ruines" qui parsèment la ville...
Ma mère, qui sera du voyage avec mon père et moi, s'inquiète du fait que je retournerai à un endroit déjà visité au lieu de visiter quelque chose de nouveau. Ce qu'elle n'a pas encore saisi, c'est que je n'ai passé que 5 jours à Rome, et c'était il y a 11 ans, alors 5 jours de plus cette année seront loin d'être une corvée pour un aussi grand fan de l'empire romain!
Elle comprendra bien quand elle verra Rome pour la première fois, et qu'elle me verra m'amuser à prendre des photos au Forum ou sur Palatine Hill.
--

samedi 12 avril 2014

Austérité - arrêt sur images - et de départ prochain

Mon suivi de campagne, vaguement humoristique, s'est un peu terminé à l'image de la campagne, en queue de poisson.
J'avais participé, quelques jours avant les élections, à une partie de la manifestation contre les mesures d'austérité budgétaires. La manifestation était déjà en marche quand j'en ai aperçu la tête - elle a été facile à trouver, j'ai simplement suivi l'hélico de la SQ des yeux et me suis dirigé vers lui.
L'ambiance était festive, ça rappelait certaines belles marches du printemps 2012.
On ne sentait plus l'espoir, par contre, qui s'était dégagé de la fin de l'été 2012 avant les élections précédentes, l'espoir que le message soit entendu, que les politiciens changent un peu leur message et leur manière d'agir et de gérer les finances publiques, favorisant systématiquement les entreprises et individus les plus riches tout en adoptant des mesures d'austérité dès qu'il s'agit de programmes sociaux.
L'ambiance n'était pas remplie d'espoir, car peu importait alors qui remporterait les élections, nous savions tous que ces mesures resteraient. Le degré ne serait pas le même si les péquistes restaient au pouvoir, la situation allait empirer si les libéraux le reprenaient aussi vite, mais l'espoir d'un changement n'existe plus pour le moment au Québec.
--
A un moment de la manifestation, la police en avait probablement assez, alors elle a débuté ses actions de provocation, rue Sherbrooke, en pointant des armes en direction des marcheurs qui n'avaient jusque là posé absolument aucun geste illégal, outre le fait de marcher, qui est devenu illégal en 2012 dans nos rues qui se disent pourtant démocratiques. Pointage d'armes diverses (dont des armes à projectile de plastique/caoutchouc à quelques mètres des premiers marcheurs). J'avoue ne même plus ressentir de révolte devant ces agissement de notre police devenue armée au service des politiques et non protecteur des citoyens. J'ai accepté l'idée qu'ils allaient un moment ou un autre tuer quelqu'un d'innocent, que les médias de droite vont évidemment condamner pour sa présence sur place (c'est arrivé avec tous les innocents blessés en 2012), et les gens, carburant à la peur justement créée par le discours politique dominant, effrayés, vont vouloir encore plus de police agressive envers ceux qui voudraient bien améliorer notre système politique. L'histoire nous montre que le peuple ne gagne jamais, à moins de faire des révolutions relativement violentes et sanglantes (parlez-en à Louis XVI et Marie-Antoinette), mais évidemment, le québécois moyen vit dans trop de confort et d'indifférence pour se souvenir de ses leçons d'histoire.
--
Lorsque la brigade anti-émeute a décidé de foncer dans le tas, grenades assourdissantes, grenade de gaz lacrymogène et poivre de cayene en spray, l'odeur m'a aussi rappelé le printemps 2012. Ça tombait bien, puisque l'odeur du printemps 2014 se faisait encore attendre.
Ce que j'ignorais à ce moment-là (et le SPVM aussi, eux qui ont récemment pris l'habitude de frapper les gens avec des caméras pour éviter de se faire filmer, ceci inclus quelques journalistes d'ailleurs), ce que j'ignorais, donc, c'était que quelqu'un, sur un toit, filmait la scène. J'ai donc pu voir a posteriori mes réactions et mon déplacement face à l'affrontement... arrêt sur images:


Je suis l'individu au manteau vert à l'extrême gauche.


Les policiers attaquent, puis se replient au coin nord-est. Je m'éloigne en compagnie de plusieurs marcheurs, qui font des signes de simplement poursuivre la marche vers l'ouest.


Une autre unité anti-émeute arrive par Jeanne-Mance et "m'encadre" temporairement.


Ils courent rejoindre leurs collègues, donc ne s'occupent pas de moi, toujours pris en sandwich entre leurs rangs.


Je m'installe au coin sud-est, question de voir si la marche va continuer ou si l'attaque de la police dispersera les marcheurs (plusieurs milliers étaient encore présents à ce moment-là, le gros du contingent étant à l'est de ma position, sur Sherbrooke). On voit ici, quelques minutes plus tard, que des policiers à vélo arrivent sur le trottoir.


Ils nous hurlent des insultes, nous poussent avec les roues avant de leur vélo, un d'eux pousse mon amie violemment, un autre me frappe avec son vélo, ils ont l'air de cinglés qui ont perdu la boule et toute forme de jugement. Les quelques personnes qui se tiennent sur le coin du trottoir n'ont pourtant rien fait, ils se sont même éloignés du front au moment de l'affrontement, contrairement à quelques manifestants idiots qui se sont mis à lancer des trucs vers l'anti-émeute. D'ailleurs, les collègues des policiers à vélo, de l'anti-émeute, les regarde nous attaquer et nous insulter sans rien faire.
--
Une grenade assourdissante est lancée, d'autres grenades fumigènes, puis nos hallucinés à vélos repartent vers l'est sur Sherbrooke à la poursuite des manifestants qui se dirigent vers l'est. Je descend Jeanne-Mance en m'éloignant, clairement, la manifestation est terminée, à toute fin pratique, la police ne cherche qu'à attaquer, les quelques manifestants qui restent cherchent probablement l'affrontement aussi.
--
Quelques jours plus tard, après l'élection du groupe de Libéraux qui étaient au pouvoir au printemps 2012 à quelques exceptions près, je réalise que le gouvernement corrompus avec une police à sa solde pour frapper les citoyens qui ne sont pas d'accord avec ses politiques est de retour. Il faut comprendre qu'une partie de l'austérité dans les finances publiques vient du gaspillage de fonds publics découlant de cette corruption, de ce vol des citoyens par les dirigeants et députés de ce parti. C'est assez décourageant.
--
Je me dis alors que si j'avais voulu un gouvernement corrompu avec une police violente à sa solde, j'aurais été m'installer en Italie, où la corruption endémique et la violence et l'arbitraire de la police sont légendaires. D'ailleurs:
(Je voulais intégrer le vidéo, mais le lien ne marche pas toujours: cliquez ici pour voir, ou re-cliquez si ça ne fonctionne pas du premier coup).

Et par une agréable coïncidence, c'est justement pour Rome que je m'envole dans trois semaines.
Ça promet.
--
p.s. comme quoi on est pas seuls au monde: j'aurais aussi bien pu aller à Paris.

mercredi 2 avril 2014

On commence à rire jaune...

Non seulement la campagne est plate, mais le résultats promet d'être peu inspirant, pour ne pas dire désolant.
Peut-on encore en rire? Même ça, je ne suis plus certain...


Il y a longtemps, en effet, depuis au moins Jean Charest en 2012!

:-)

Vulgaire, mais l'image reflète ce que je pense...


Ouais ben si on attends le printemps pour faire un référendum, on risque d'attendre longtemps.


D'ailleurs...


Évidemment, comme au municipal en 2009, on vote avant de connaître la vérité.


Pendant ce temps, au stade olympique, les vraies affaires comme le Baseball retiennent l'attention.
--

samedi 22 mars 2014

C'est tu moi où c'est un peu plate, cette campagne-là?

Je parle bien sûr de la campagne électorale... bien que la campagne tout court soit toute aussi plate avec cette neige qui tombe malgré que nous soyons officiellement au printemps, mais c'est une autre histoire.
Question de nous remonter le moral, voici quelques perles électorales, en vrac;
--

Premier gag que j'ai lu sur l'arrivée de PKP au PQ.


Puis, une parodie d'affiche du PLQ... ah, les vraies affaires!


Avouez qu'elle est bonne celle-là, toujours en relation avec PKP, mais aussi avec tout le fuss qui a été fait autour de Tout le monde en parle (soupir).


Un article fictif (parodie)...


Et une dernière sur le magnat du JdeM.


Puis, on a supporté le débat des chefs, une soirée relativement plate elle aussi, tellement formatée et sans réelle discussion à part les spins habituels... Louis T a eu cette note d'humour le lendemain.


Puis, devant le PQ accusant QS de diviser le vote, cette révélation tordante.


Et en terminant, celui qui semble avoir été le gagnant du débat des chefs a maintenant son T-shirt!
--

mercredi 5 mars 2014

Pour (re)rigoler pendant la (nouvelle) campagne...

Bon, on est encore en campagne électorale.
Je vais commencer par un billet humoristique sur ce lancement de campagne et de nouveaux slogans (on dirait un concours de mauvais slogans!)...


Celle-là (caricature du Devoir) est la plus drôle, je pense...


Une évidence :-)


Pas mal non plus, vu les sondages.


Méchant, mais coup donc, il en redemande ;-)
--
Côté textes, c'est Couillard qui emporte la palme de l'humoriste de la journée, avec deux déclarations intéressantes:
«Il y a longtemps qu'on n'a pas vu un gouvernement, de façon délibérée, semer la division entre les Québécois comme le gouvernement du Parti québécois l'a fait», a-t-il déploré.
Hahaha, vrai qu'il n'était pas là quand son parti jouait de la crise sociale à des fins électoralistes en 2012 (oui, moins de 2 ans, mémoire courte, le candidat dans Roberval!)
Mais il ajoute une brillante analyse:
«Un vote pour la CAQ, c'est un vote pour le PQ.» — Philippe Couillard, chef du PLQ
Hum... les députés de la CAQ ont fait que le PQ a été minoritaire en 2012... pas de vote CAQ = PQ majoritaire, tout un analyste, le candidat PLQ dans Roberval!
Espérons que son mécano est meilleur que lui:

--

samedi 1 mars 2014

Oscars 2014: Mes choix et mes prédictions

Cette année, vu mon récent séjour en Équateur, je n'ai pas suffisamment de temps pour écrire deux billets distincts et détaillés sur les Oscars... J'ai essentiellement consacré mes soirées depuis mon retour au visionnement des divers films en nomination dans les huit catégories majeures.
Je vais tout de même lister ici mes remarques, mes choix et mes prédictions dans ces catégories, et jouer le jeu dimanche soir, puisque j'ai pu voir tous les nominés (à part un seul, Before Midnight, scénario adapté) dans neuf catégories.
--
Observations générales.
Je crois que nous assisterons à une de ces années-Oscars où il n'y aura pas de balayage, les courses étant assez disparates, malgré le nombre de nominations de certains films. 12 Years a Slave domine la course avec 9 nominations dont 6 dans les catégories majeures, avec un sujet délicat, mais historique et traité avec brio. Gravity a 10 nominations mais seulement 3 dans les catégories majeures, et souffre d'un scénario aux limites de la science-fiction, rarement une qualité pour l'académie. Quand à celui dont les nominations en feraient le favori, American Hustle, avec 10 nominations dont 7 dans les grandes catégories, il souffre de suivre Silver Linings playbook un an plus tard, avec plusieurs des mêmes nominés (dont Jennifer Lawrence, 23 ans et oscarisée l'an dernier, et Christian Bale oscarisé pour The Fighter du même réalisateur il y a 3 ans), ce qui réduit ses chances de faire un balayage, surtout avec un film au sujet plus léger.
--
Acteurs:
Premier rôle: Un choix très difficile à faire cette année, mais pour ma part, les trois meilleurs ont été Leonardo DiCaprio dans The Wolf of Wall Street, Mathew McConaughey dans Dallas Buyers Club et Christian Bale dans American Hustle. Chiwetel Ejiofor était très bon dans 12 Years a Slave, mais j'ai l'impression que le film aurait pu être aussi bon avec une bonne performance par un autre acteur. Même chose pour Nebraska, même si Bruce Dern y livre là une savoureuse interprétation. Ce n'est pas le cas des 3 autres films, qui n'auraient pas été les mêmes sans ces acteurs-là dans ces rôles-là.
Dans le cas de DiCaprio, toujours brillant, c'était attendu, surtout entre les mains de Scorsese, mais dans le cas de McConaughey et Bale, malgré leur talent affirmé, il me semble avoir été vraiment épaté par leur performance. Ça tombe bien, puisque le premier est une prédiction pas trop risquée. Il a remporté la plupart des prix majeurs de cette catégorie, dont le Screen Actors Guild, et l'académie adore ces histoires d'acteurs plus commerciaux qui sont moins connu pour leur potentiel oscarisable qui soudainement, opèrent une transformation physique extrême pour un rôle bouleversant. Malgré mon admiration pour sa performance, mon choix personnel penche encore vers Christian Bale, absolument incroyable de vérité et de subtilité dans American Hustle, où il interprète lui aussi un personnage complexe aux antipodes des standards populaires de beauté et élève celui-ci (et le film) à un niveau d'excellence.
Conclusion: Choix: Christian Bale. Prédiction: Mathew McConaughey.
*
Rôle de soutien: Peut-être la catégorie la plus facile, autant pour le choix que la prédiction. C'est peut-être parce que le choix me semble aussi clair que la prédiction semble découler du même choix que devraient faire les membres de l'académie. Dans Dallas Buyers Club, Jared Leto crève l'écran, dans un rôle de soutien qui est quasi un premier rôle, et ce, sans jamais faire ombrage au personnage principal, lui aussi interprété avec brio; un exemple parfait d'acteur de soutien au service d'un personnage et d'un film. Bouleversant est un qualificatif en-dessous de l'émotion que sa performance subtile et intense permet au film d'atteindre. Le talent des autres candidats en lice est indéniable, mais ils semblent tous dans le même peloton, un cran derrière la performance de Leto cette année.
Conclusion: Choix: Jared Leto. Prédiction: Jared Leto.
--
Actrices:
Premier rôle: La meilleure performance brute de l'année a valu à Meryl Streep sa 18e nomination, elle qui a déjà 3 Oscars entre les mains. Et c'est ce 3e Oscars (reçu i y a deux ans pour Iron Lady) qui vient lui nuire ici; on ne lui en remettra pas un 4e deux ans plus tard. Les membres de l'académie n'auraient peut-être pas eu le choix, si elle avait dominé sa catégorie sans aucun doute possible, mais d'autres performances ont également été remarquables cette année, comme celle, merveilleuse, de Cate Blanchett dans Blue Jasmine. C'est d'ailleurs elle qui a remporté le Screen Actor's Guild cette année, la plaçant déjà favorite pour l'Oscar, qui serait tout de même son second Oscar en 5 nominations... soit autant de nominations que Amy Adams (ici pour American Hustle), la seule qui n'a jamais remporté l'Oscar parmi les nominées de cette année mais qui devra probablement attendre son tour à moins de causer la surprise. Sandra Bullock était excellente dans Gravity - mais c'est une catégorie à oublier pour le film aux 10 nominations - et Judy Dench, elle aussi très bonne dans Philomena, est peut-être aussi présente pour compenser le snobisme dont elle avait été victime dans Skyfall l'an dernier (Philomena étant un film plus dans les cordes de l'académie qu'une aventure de James Bond, aussi brillante soit-elle). Personnellement, déchiré entre les deux, et malgré la forte impression ressentie devant la performance de Blanchett dans le très bon Blue Jasmine, je demeure encore sous le choc, renversé par le personnage de Streep dans August: Osage County.
Conclusion: Choix: Meryl StreepPrédiction: Cate Blanchett
*
Rôle de soutien: Les nominations de Sally Hawkins et June Squibb sont probablement déjà des honneurs (bien mérités) pour leur interprétations respectives dans Blue Jasmine et Nebraska, et je vois mal comment l'académie pourrait les préférer aux trois autres en lice. Jennifer Lawrence, qui était ma favorite dans cette catégorie jusqu'à ce que je vois August: Osage County, demeurerait un choix logique vu sa délicieuse et truculente interprétation dans American Hustle. Reste que le personnage, comme le film, demeure plus léger que les deux autres et que l'académie ne remettra pas deux Oscars en deux ans à une actrice de 23 ans. Si l'Oscar du meilleur acteur échappera à Chiwetel Ejiofor dans 12 Years a Slave, l'académie reconnaîtra fort probablement l'interprétation intense de Lupita Nyong'o, surtout si on considère cette dernière dans le contexte dur de ce drame historique du genre dont l'académie adore récompenser.
Son Screen Actors Guild semble aussi confirmer que la majorité des acteurs (qui sont le groupe le plus important à l'académie) penchent de ce côté. Malgré cette prédiction, mon choix personnel se tourne vers Julia Roberts, que j'ai adoré dans August: Osage County. Les rôles dramatiques fort pour les femmes de plus de 45 ans sont somme toute assez rares - et souvent réservés au plus vieilles dames, comme celui de Philomena, ou encore Nebraska, par exemple. Et ces rôles, ils étaient plus souvent qu'autrement défendus par... Meryl Streep. C'est donc avec un immense plaisir qu'on peut admirer la performance de Julia Roberts dans son meilleur rôle depuis Erin Brockovich, un rôle qui lui vaut une 4e nomination aux Oscars. Personnellement, je suis bien content de voir que Julia Roberts vieilli aussi bien (autant en terme de talent que physiquement; c'est une des rares actrices hollywoodiennes dans la mi-quarantaine à ne pas sembler être botoxée ou plastifiée). Et puis Jennifer Lawrence saura certainement m'impressionner encore dans un proche avenir.
Conclusion: Choix: Julia Roberts. Prédiction: Lupita Nyong'o.
--
Scénarios:
Original: Cinq scénarios brillants, subtils, souvent touchants, aux dialogues punchés, qui explorent chacun à leur manière les travers de l'être humain, le choix n'est pas facile, mais on peut probablement écarter des prédictions Blue Jasmine (Woody Allen a déjà remporté 3 fois cet Oscar, le dernier il y a 2 ans seulement). Personnellement, malgré tout le bien que je pense de Spike Jones et Her, je croyais que la nomination était déjà une reconnaissance dans son cas, mais il a remporté quelques prix, dont le Writers Guild, mais je crois que ses chances aux Oscars sont toutefois limitées, puisque la majorité des acteurs iront probablement vers American Hustle, qui ne repartira tout de même pas les mains vides. Si le vote est particulièrement divisé entre les deux, Nebraska pourrait se glisser en première place, mais j'en doute, puisque Alexander Payne a déjà remporté cet Oscar 2 fois en 7 ans pour Sideways et The Descendants (en 2012), deux films qui sont à mon avis supérieurs à Nebraska. Malgré tout le bien qu'on peut penser de Dallas Buyers Club, il sera récompensé dans les deux catégories d'acteurs, et les membres de l'académie voudront probablement compenser d'autres nominés avec le scénario. Mon choix personnel a été assez clair dès mon visionnement d'American Hustle, le film de cette catégorie qui m'a procuré le plus fort plaisir cinématographique pendant la projection grâce à un scénario particulièrement truculent, et ce choix n'a jamais été remis en question en voyant les autres films par la suite.
Conclusion: Choix: American HustlePrédiction: American Hustle.
*
Adapté: Je n'ai vu que 4 des cinq films en nomination, mais comme le 5e n'a aucune autre nomination, il causerait la surprise en remportant cet Oscar. Fascinante course à 4, toutefois, et les 4 scénaristes en sont à une première nomination dans cette catégorie. 12 Years a Slave, un des favoris aux Oscars, n'était même pas en nomination pour les Writers Guild, remporté par Captain Philips, qui pourrait donc causer la surprise. Philomena a remporté le BAFTA dans cette catégorie, mais non seulement il s'agit pas du tout des mêmes votants qu'aux Oscars (britanniques comme le film), mais en terme d'Oscars, le sujet du film demeure moins dramatique et trouve moins d'écho aux États-Unis que 12 Years a Slave. L'étrange controverse autour de The Wolf of Wall Street (dont les 2e et 3e degrés ont semble-t-il été mal compris par plusieurs) le disqualifie d'emblée de cette catégorie consacrée à l'écriture. C'est pourtant mon choix évident, le scénario étant un délice d'ironie aux multiples degrés et aux dialogues aussi savoureux qu'intelligents et dont l'aspect non linéaire rendait le film d'autant plus intéressant qu'il aurait pu être ennuyant entre d'autres mains que celle de Terence Winter et Martin Scorsese. 
Conclusion: Choix: The Wolf of Wall Street. Prédiction: 12 Years a Slave.
--
Montage et Direction photo: Je me risque rarement sur ce terrain plus technique et spécialisé - mais cette année, j'ai vu plus de films que de coutume classés dans ces catégories alors je note quelques remarques sans nécessairement faire de prédictions, vu mon incompétence en la matière. Et en fait, comme je navigue hors-concours par rapport à mes habitudes, je vais être chauvin et faire le choix personnel de Dallas Buyers Club pour le montage, ce qui permettrait à Jean-Marc Vallée de monter sur scène pour son Oscar (John Mac McMurphy, le nominé, est un pseudonyme du réalisateur québécois utilisé pour ne pas multiplier son nom au générique). Il est fort probable, toutefois, que Gravity l'emporte dans cette catégorie plus technique, même si Captain Philips avait aussi un montage particulièrement nerveux et efficace (et qu'il l'a remporté au gala des monteurs, un indice généralement intéressant dans cette catégorie où ce ne sont pas tous les membres de l'académie qui votent).
La direction photo ira probablement à Gravity, vu l'ensemble des prises dans l'espace, avec les magnifiques vues de la Terre sous divers angles et les inévitables prouesses techniques que la cinématographie de ce film a exigé. Je lui préfère encore Nebraska, plus conventionnel et terrestre comme approche, mais avec les plans les plus merveilleusement beaux de l'année sur un écran de cinéma. je note toutefois ne pas avoir vu le dernier film des frères Coen, qui excellent normalement à ce niveau, donc leur film pourrait remporter cet Oscar, je ne peux juger à ce moment-ci. Évidemment, en chauvin, on aurait souhaité que Prisonners l'emporte, pour permettre à un film de Denis Villeneuve de remporter un Oscar, mais je vois mal comment il pourrait battre Gravity ou Nebraska ou encore les frères Coen.
--
Réalisation: Ici, ça se corse, mais la course semble surtout être entre 3 réalisateurs. Alexander Payne n'était pas en nomination aux Directors Guild, ce qui semble le placer ici derrière les autres en terme de chances de remporter l'Oscar. Et ici comme pour le scénario adapté, la controverse entourant la manière adoptée dans The Wolf of Wall Street relègue malheureusement Scorsese derrière les autres, alors que c'est clairement lui qui a fait preuve de la plus grande maitrise de son art cette année; The Wolf of Wall Street mélange avec brio et habileté des dizaines de trucs, de plans, d'approches et d'artifices aussi divers que disparates en sachant les amalgamer pour raconter de manière survoltée cette histoire particulièrement tordue. Il est évident qu'aucun autre cinéaste ne serait parvenu à faire ce film-là de cette manière-là sans cette maitrise de la manière de raconter une histoire dont fait preuve Scorsese ici. Choix clair, donc, en ce qui me concerne (outre le fait que j'ai eu un sourire permanent accroché au visage tout le long du visionnement du film). Côté prédictions, toutefois, le résultat de la course à trois est difficile à prévoir. Tel que mentionné plus haut, l'académie voudra récompenser 12 Years a Slave pour son côté dramatique et historique - en plus du fait non négligeable qu'il s'agit d'un film réalisé par un noir, élément qui joue encore aux États-Unis, puisqu'aucun réalisateur noir n'a jamais remporté cet Oscar). Mais on ne souhaitera pas nécessairement que Gravity ne reparte qu'avec des catégories techniques, ce qui relègue de toute manière American Hustle au 3e rang dans cette course. Et comme Gravity l'a remporté aux Directors Guild, on récompensera probablement son réalisateur ici, en faisant du même coup le premier réalisateur latino-américain à remporter cet Oscar, quitte à donner l'Oscar du meilleur film à un autre.
Conclusion: Choix: Martin Scorsese - The Wolf of Wall Street. Prédiction: Alfonso Cuaron - Gravity.
--
Meilleur film: En termes de prédictions, ça semble être une course à trois, entre 12 Years a Slave, Gravity et American Hustle, mais tel que mentionné en introduction, malgré ses nominations dans les 4 catégories d'acteurs, ce dernier repose sur une histoire plus divertissante et légère que ses concurrents, ce qui est définitivement un obstacle aux Oscars, dont l'académie préfère les drames. Les autres films ont moins de chance que ceux-ci par simple mathématique de nominations dans les catégories majeures: on voit mal comment couronner un film meilleur film sans le reconnaître au moins au niveau des nominations d'acteurs, scénaristes et réalisateurs. Cette course à trois et pratiquement deux est donc entre le film à effet spéciaux et le drame historique. Même si plusieurs prévoient que Gravity pourrait l'emporter (ils l'ont remporté ex-aequo aux Productors Guild, ce qui laisse croire à une course très serrée), l'histoire des Oscars nous montre que l'académie favorise toujours le drame, particulièrement le drame historique (récemment: The Hurt Locker, Argo, The King's Speech...), surtout quand le concurrent flirte avec la science-fiction. Si Cuaron est effectivement récompensé pour la réalisation, McQueen pourra monter chercher son Oscar à titre de producteur de 12 Years a Slave, qui deviendra fort probablement le premier film réalisé par un noir à remporter l'oscar du meilleur film, une idée certainement séduisante aux oreilles des membres de l'académie.
Quand au choix personnel, il est encore plus difficile, puisque pour mon propre plaisir cinématographique, j'hésiterais surtout entre The Wolf of Wall Street, American Hustle et Captain Philips, ce dernier étant un film aux très grandes qualités qui a été, je pense, sous-estimé par l'académie (notamment la performance de Tom Hanks et l'excellente réalisation de Paul Greengrass). Je n'ai rien contre les drames que sont les excellents Gravity et 12 years a Slave, mais ils ne m'ont pas procuré un sentiment aussi complet que les autres (ou même que August: Osage County, que j'aurais mis en nomination autant dans la catégorie du scénario que celle du meilleur film). Mais pour jouer le jeu dans les règles actuelles, j'opterais donc pour American Hustle, un film savoureux et truculent à tous points de vue (scénario, dialogues, réalisation, décors et référence d'époque, et interprétation absolument merveilleuse par tous ses acteurs).
Conclusion: Choix: American Hustle. Prédiction: 12 Years a Slave.
--
Et vous, quels sont vos choix? Et vous risquerez-vous à faire des prédictions?

jeudi 27 février 2014

Murales de Quito

Un ajout à une série de billets existante: les murales urbaines qu'on peut admirer un peu partout dans les grandes villes du monde. Aujourd'hui: Quito, Équateur, une ville particulièrement riche en la matière.


Si je vous montre deux segments de cette très longue murale qui n'est pas dans le meilleur état, c'est que celle-ci, sise entre La Magdalena et El Recreo, était déjà existante lors de mon séjour en Équateur en 2004... sa présence m'a donc étonnée en 2014, vu l'apparente courte durée de vie de ce genre de chose en Amérique latine.


Intérieur de la station ferroviaire de Quito, Chimbacalle, entièrement rénovée récemment.


Très longue murale sur l'avenida Alonso de Angulo, secteur Villa Flora.


Gros plan sur un segment de la murale d'inspiration autochtone au coin de Lauro Guerrero près de la Place civique d'El Camal.


Dommage que quelques tagueurs soient passés par là, mais on peut encore admirer le coléoptère et le toucan de cette murale colorée, non loin de la brasserie nationale équatorienne.


Ceci n'est évidemment pas une murale, mais ça évoque le même genre d'art urbain; centre historique.


Si vous regardez attentivement, ceci est une murale en progression! Secteur du nouveau parc urbain Qmanda.


Un regard en contrebas de la station de métro-bus Cumanda révèle une murale "en construction".


Il existe une longue tradition en Équateur: on permet aux élèves des écoles primaires de peindre des murales sur les murs extérieur des écoles et le long des rues avoisinantes. On retrouve donc des dizaines et dizaines de ces murales à Quito. Celle-ci, au message environnemental, a été captée dans le sud de la ville, à l'école où enseigne maintenant Nely, l'enseignante que j'ai connu à Lloa en 2004.


Montage de trois murales aperçues sur l'avenue Luis Cordero, secteur La Mariscal (gringolandia).


Montage d'une longue murale d'inspiration animalière et aquatique, que l'on peut voir le long de l'avenida 5 de junio, près du mont El Panecillo (côté sud). Le segment du bas apparaît originalement à droite de celui du haut.


Murale illustrant la forêt humide de Chiriboga, peinte sur le mur extérieur de la Fundacion Chiriboga, la fondation qui m'a accueilli à chacun de mes séjours à Quito et avec laquelle j'ai réalisé mes projets de 2004 et 2014. Cette murale n'existait pas lors de mon passage précédent à la fondation, en 2007.


Chef d'oeuvre de murale couvrant quelques murs de l'escalier principal du Palais Présidentiel de Quito, dans le quartier historique. Cette murale qui retrace l'histoire de l'Équateur est une réalisation d'Oswaldo Guayasamin, l'artiste le plus renommé de l'histoire de l'équateur.


C'était l'Esprit Vagabond, devant les murales de Quito.
--